sábado, 25 de janeiro de 2014

Hollande/Trierweiler : la folle semaine

Le président était décidé à acter leur séparation, mais l’hospitalisation prolongée de la première dame, “prête à pardonner”, l’a amené à temporiser. Une attitude qui pourrait passer pour un aveu de faiblesse. C’est l’une des caractéristiques des compagnes de François Hollande : elles n’abandonnent jamais. En juin 2006, le premier secrétaire du parti socialiste vit déjà avec Valérie Trierweiler lorsque Ségolène Royal annonce, par défi , son mariage avec le père de ses enfants… qui n’est pas au courant. Aujourd’hui, c’est au tour de la même Valérie Trierweiler de jouer son va-tout. Alors que le magazine Closer vient de révéler que la relation de François Hollande avec Julie Gayet remonte à décembre 2012, l’ancienne journaliste a décidé, contre toute attente, de jouer l’apaisement. En choisissant la Lanterne pour sa convalescence, elle montre qu’elle est toujours première dame et qu’elle entend bien le rester. Récit d’une semaine durant laquelle François Hollande a lentement perdu la main. MARDI 14 JANVIER La veille, Valérie Trierweiler a joué son premier coup de poker. Hospitalisée depuis vendredi 10 janvier à la Pitié-Salpêtrière, dans le service de psychiatrie du Dr Jouvent, elle fait savoir, via une amie, qu’elle est « prête à pardonner, [elle] ne veut pas claquer la porte sur un coup de tête, mais [elle] veut savoir très vite quelles sont les intentions de François Hollande». Bien qu’affaiblie, elle maîtrise sa communication, laisse fuiter ce message volontairement. Ce qui fait dire à un proche du président : « Jusqu’ici, François pensait pouvoir acter une séparation. Mais il vient de comprendre que ce ne serait pas si simple. Valérie entend bien s’accrocher. » Et ce même proche de s’inquiéter : « Je le connais, il est en train de céder », confie-t-il à VSD. « Chacun peut traverser des épreuves, ce sont des moments douloureux. Mais j’ai un principe : c’est que les affaires privées se traitent en privé,dans une intimité respectueuse de chacun. » François Hollande, qui tient sa première conférence de presse de l’année, n’a pas pu éviter les questions attendues. Il promet de clarifier la situation de son couple avant son déplacement aux États-Unis, le 11 février. La conférence de presse bat des records avec 4 millions de téléspectateurs contre 1,8 pour la précédente. Valérie Trierweiler demande à quitter l’hôpital pour assister à la conférence présidentielle mais les médecins le lui interdisent. La première dame est encore trop faible. C’est donc sur son iPhone qu’elle entend les mots de son compagnon, impersonnels et expéditifs. MERCREDI 15 JANVIER Julie Gayet attaque le magazine Closer, qui a publié les photos de ses rendez-vous secrets. Le Canard enchaîné révèle qu’Aurélie Filippetti, la ministre de la Communication et de la Culture, a nommé l’actrice, peu avant Noël, membre du jury 2014 de la villa Médicis. Elle est fi nalement écartée. « Je ne souhaite pas donner prise à une quelconque polémique. Le sujet sera clos désormais», lance Filippetti. L’actrice, recherchée par de nombreux paparazzis, reste introuvable. Dans une biographie de François Hollande, Cécile Amar, journaliste au Journal du Dimanche, rapporte une réfl exion de Ségolène Royal à propos de Valérie Trierweiler : « Quelle besoin a-t-elle de vouloir effacer le passé ? Elle ferait mieux de s’intéresser à la suivante. » Trierweiler, elle-même, y décrit un François Hollande qui « n’a pas d’affect ». Ambiance... Toujours dans Le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy se réjouirait des problèmes de François Hollande : « Ha ha ! il est dans une sacrée panade. Que reste-t-il des : moi président ? Vous savez, avec Carla, nous avons voulu officialiser rapidement car je ne voulais pas d’une photo prise un matin glauque ou à la nuit tombée. » Dans la soirée, sous une pluie battante, Ségolène Royal se rend à la Pitié-Salpêtrière, elle en ressort peu après 20 heures. Voici publie les photos vendredi 17. L’ex-candidate à la présidentielle 2007 dément avoir rendu visite à Trierweiler, expliquant avoir eu un rendezvous dentaire de longue date. JEUDI 16 JANVIER Un proche de la journaliste confi rme ce que nous révélions dans notre édition du 16 janvier : « Valérie Trierweiler aurait pris une pilule de trop ». Pour autant, elle n’a jamais voulu faire de tentative de suicide. La visite de Ségolène Royal à la Pitié-Salpêtrière fait le tour des rédactions – mettant un peu plus en lumière l’absence, depuis maintenant six jours, de François Hollande au chevet de sa compagne. Cette dernière – toujours affaiblie mais toujours lucide – ne laisse pas croire que le chef de l’État la néglige dans un moment aussi pénible pour elle. Elle précise donc à RTL que « ce sont les médecins qui interdisent au président d’aller la voir ». Incapable de se tenir debout seule, la patiente serait confinée et tenue éloignée de son entourage afin de pouvoir se remettre. François Hollande aurait cependant pu échanger avec elle par texto et rencontrer personnellement l’équipe médicale. Finalement, le président se décide à faire le déplacement aux alentours de 21 heures. ? Julie Gayet dément les rumeurs qui indiquent qu’elle serait enceinte de quatre mois. Elle ne nie pas, en revanche, l’existence d’une relation avec le président de la République.

domingo, 5 de janeiro de 2014

IRAK

Irak: le gouvernement veut reprendre Fallouja à Al-Qaïda, l'Iran prêt à l'aider Print Email Les forces irakiennes s'apprêtent à lancer un assaut pour reprendre la ville de Fallouja aux combattants liés à Al-Qaïda, et le voisin iranien a proposé dimanche son aide après un soutien réservé offert par les Etats-Unis. Selon un responsable irakien, "les forces de sécurité préparent une attaque majeure à Fallouja", dans la province sunnite d'Al-Anbar (ouest), devenue depuis plus d'un an un haut lieu de la contestation au Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, accusé d'accaparer le pouvoir et de marginaliser la communauté sunnite. Les forces spéciales ont déjà mené des opérations dans la ville et l'armée est déployée tout autour. Une fois que les habitants auront quitté la ville, "nous lancerons l'attaque pour écraser les terroristes", a assuré ce responsable gouvernemental. Les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, extrémistes sunnites affilés à Al-Qaïda) ont pris le contrôle de Fallouja et de quartiers de Ramadi, 50 km plus à l'ouest, à la faveur d'un retrait de la police après des violences provoquées lundi dernier par la fermeture d'un camp de protestation de manifestants sunnites hostiles à M. Maliki. Dimanche soir, des échanges de tirs intermittents étaient entendus à la périphérie de Fallouja mais aucun combat n'était signalé à l'intérieur, selon des témoins. C'est la première fois que des combattants d'Al-Qaïda prennent directement le contrôle de zones urbaines depuis l'insurrection sanglante qui avait suivi l'invasion américaine de l'Irak en 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein. Les deux villes avaient été des bastions insurgés et les forces américaines y avaient subi leurs plus lourdes pertes depuis la guerre du Vietnam. Iran vs États-Unis Mais désormais, il revient aux forces irakiennes de mener la bataille, a souligné le secrétaire d’État américain John Kerry, en visite au Proche-Orient. "Nous les aiderons dans leur combat mais c'est un combat qu'elles doivent à terme gagner elles-mêmes et j'ai confiance dans le fait qu'elles peuvent y parvenir", a-t-il dit, affirmant que l'EIIL est "l'acteur le plus dangereux dans la région". Les derniers soldats américains ont quitté l'Irak en décembre 2011. "Nous n'envisageons pas de renvoyer des troupes au sol", a souligné M. Kerry. Après ce soutien réservé, l'Iran voisin, à majorité chiite, a annoncé être prêt à fournir des équipements militaires et des conseils à l'Irak pour l'aider dans sa lutte contre Al-Qaïda. "Si les Irakiens en font la demande, nous leur fournirons des équipements et des conseils mais ils n'ont pas besoin d'hommes", a déclaré le général Mohammad Hedjazi, adjoint du chef d'état-major des forces armées, cité par l'agence officielle IRNA. Il a ajouté qu'il n'y avait pas eu "de demande pour mener des opérations communes contre les terroristes". Armée, EIIL et tribus Depuis la chute de Saddam Hussein, l'Irak, à majorité chiite, s'est rapproché de l'Iran et M. Maliki est souvent accusé d'être sous l'influence de Téhéran. "Nous ne céderons pas tant que nous n'aurons pas vaincu tous les groupes terroristes et sauvé notre peuple à Al-Anbar", a assuré samedi M. Maliki. Aucun bilan global des violences n'était disponible mais les autorités ont fait état de plus de 160 morts, essentiellement des membres de l'EIIL, vendredi et samedi. Dans la province d'Al-Anbar, quatre forces sont désormais en présence: les forces gouvernementales, leurs alliés tribaux, l'EIIL et les forces anti-gouvernementales du "Conseil militaire des tribus". Le commandant des forces terrestres, le général Ali Ghaidan Majid, a fait état de 11 combattants venus d'Afghanistan et de plusieurs pays arabes tués sur l'autoroute entre Bagdad et Fallouja. L'EIIL est devenu une force majeure dans la guerre en Syrie voisine et mène des attentats sanglants en Irak. "L'EIIL a réussi à tirer profit de ses réseaux et capacités en Irak pour avoir une présence forte en Syrie, et il a utilisé sa présence en Syrie pour renforcer ses positions en Irak", explique Daniel Byman du Brookings Institution's Saban Center for Middle East Policy. Ailleurs en Irak, 15 personnes sont mortes dans des attentats dimanche à Bagdad. Les violences, qui avaient diminué depuis 2006 après la création de milices sunnites par l'armée américaine pour combattre Al-Qaïda, ont repris de plus belle en 2013 et renoué avec leurs niveaux de 2008 avec plusieurs milliers de morts.

sábado, 19 de outubro de 2013

L'expulsion de la famille de Leonarda "conforme à la réglementation"

L'expulsion de la famille de Leonarda "conforme à la réglementation" Print Email L'expulsion controversée de Leonarda Dibrani et de sa famille est "conforme à la réglementation en vigueur", mais les forces de l'ordre "n'ont pas fait preuve du discernement nécessaire" en prenant en charge la collégienne lors d'une sortie scolaire, conclut le rapport de l'enquête administrative. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a présenté samedi matin au président François Hollande et au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, les conclusions de ce rapport, ensuite mis en ligne, qui recommande de "proscrire plus explicitement toute intervention dans les espaces et le temps scolaires et périscolaires". "La décision d'éloigner la famille Dibrani est justifiée en droit", affirme l'Inspection générale de l'administration (IGA) dans ce rapport d'une vingtaine de pages commandé mercredi par le ministre de l'Intérieur. "Il ressort de tous ces éléments que le refus d'autorisation de séjour (...) et la décision de mise en oeuvre de l'éloignement de la famille Dibrani étaient conformes à la réglementation en vigueur", ajoutent les inspecteurs. Toutefois, les conditions d'interpellation de Leonarda, confiée aux forces de l'ordre en pleine sortie scolaire, le 9 octobre, en vue de son expulsion vers le Kosovo, sont critiquées par l'enquête. Ce sont ces conditions controversées qui ont mis le feu aux poudres et valu à Manuel Valls des attaques jusque dans son camp. "Essentiellement focalisées sur l'objectif de parvenir à regrouper la famille et de ramener la jeune fille auprès de sa mère, l'attention des forces de l'ordre n'a pas été éveillée par le fait que Leonarda Dibrani se trouve dans un bus dans le cadre d'une sortie scolaire", expliquent les auteurs du rapport. "Elles n'ont pas pris la mesure des enjeux que représenterait une intervention pour interrompre cette sortie", ni "évalué les conséquences possibles", et "en ce sens, elles n'ont pas fait preuve du discernement nécessaire", affirme l'IGA, tout en assurant que la préfecture du Doubs n'avait pas été saisie de cette question. L'inspection générale assure qu'il s'agit d'une situation "exceptionnelle". "Pour éviter qu'elle se reproduise, les instructions déjà anciennes relatives aux espaces scolaires et aux interventions proches de cet espace mériteraient d'être précisées, de façon à proscrire plus explicitement toute intervention dans les espaces et le temps scolaires et périscolaires", recommande l'IGA. Le rapport d'enquête dresse par ailleurs un portrait sombre du père de Leonarda Dibrani, dont, dit-il, le comportement "ne dénotait pas +une réelle volonté de s'intégrer à la société française+", avec notamment une "absence de recherche sérieuse d'emploi". Selon les inspecteurs, Resat Dibrani a "été placé en garde à vue pour un cambriolage" en octobre 2010, "mis en cause comme auteur dans un vol commis dans une déchetterie" puis encore placé en garde à vue, début 2013, lorsque ses filles aînées ont "fait état de violences exercées par leur père" avant de se rétracter. La famille a laissé le logement mis à sa disposition "dans un état de dégradation avancée" et "M. Dibrani n'a pas hésité à user de menaces afin d'éviter d'être expulsé de cet appartement", poursuit l'IGA. Enfin, le rapport fait état d'"absences répétées des enfants au sein des écoles et collèges" fréquentés. Leonarda a ainsi, selon l'enquête, été absente 66 demi-journées en 6e, 31 en 5e, 78 en 4e et 21,5 depuis le début de l'année scolaire en cours. Un professeur de l'adolescente "a en revanche souligné sa volonté d'intégration et ses progrès", toujours selon le rapport. Resat Dibrani, le père de Leonarda, a déclaré samedi matin que ce rapport est "une catastrophe". "C'était dur jusqu'à présent, mais ceci est une catastrophe. Nous ne baissons pas les bras. Mes enfants étaient intégrés en France, nous continuons le combat car mes enfants sont ici (ndlr: au Kosovo) des étrangers", a déclaré M. Dibrani à l'AFP, réagissant à la publication de ce rapport. "La police dit qu'elle n'a commis aucune erreur et pourtant sa plus grande erreur est d'avoir affirmé que mes enfants sont du Kosovo alors qu'ils ne le sont pas", a-t-il poursuivi. "Je ne veux pas vivre ici. Pour moi c'est un pays étranger. Je veux revenir en France, je veux rentrer chez moi", a, de son côté, déclaré Leonarda avant d'éclater en pleurs. A l'annonce de la nouvelle, un silence de plomb s'est installé dans la chambre où sont réunis les Dibrani. Leurs regards sont vides. Incrédules, ils refusent de faire la moindre déclaration supplémentaire.

domingo, 4 de agosto de 2013

LES FRANÇAIS DU BRÉSIL

Les Français du Brésil, c’est votre collègue expat, ce gérant d’une petite pousada dans le Nord si sympa, ce boulanger au coin de la rue qui sait faire du vrai pain, c’est votre copine que vous voyez à la sortie du Lycée Français, c’est moi, étudiante-stagiaire, c’est vous… Est considéré comme expatrié tout Français installé hors de France. Et une chose est certaine, le Français n’est pas une espèce en voie de disparition au Brésil, bien au contraire. Selon les chiffres des consulats de São Paulo (en charge de tous les résidents du sud du pays), de Rio de Janeiro (états de Rio de Janeiro, Minas Gerais et Espirito Santo) et de l’ambassade (enregistrant les inscrits de tout le nord du Brésil), il y a un peu plus de 20.000 Français expatriés au Brésil - 20.139 pour être précis. Et nous sommes très certainement plus nombreux, l’inscription sur les registres du consulat n’étant pas obligatoire (quoique fortement recommandée). Sans surprise, c’est dans les deux plus grandes métropoles du pays, Rio de Janeiro et São Paulo que se concentrent nos compatriotes : ils sont un peu moins de 6.000 à Rio de Janeiro et environ 7.200 dans la capitale pauliste. Ces citadins sont : - généralement jeunes : 1/4 des Français de la circonscription RJ-ES-MG sont mineurs, - nombreux à avoir une double nationalité : dans la circonscription du sud du pays, 4.654 inscrits sont franco-brésiliens sur un total d’un peu plus de 9.000 personnes recensées. C’est le nord du pays qui compte le plus de fonctionnaires - Ambassade oblige, mais aussi de retraités (pour la plupart Guyanais), ou encore de micro-entrepreneurs. Pourquoi venir s’installer au Brésil ? Tout le monde n’est pas prêt à faire ce grand saut dans l’inconnu qu’est l’expatriation. Et le Brésil, pays continental séparé de la France par un océan n’est pas forcément la destination la plus évidente pour tenter l’aventure ! Certaines personnes reviennent sur un terrain déjà connu, comme Célian, qui a passé son enfance à Rio de Janeiro, et qui a ouvert en 2009 sa pousada dans le Ceara. C’est également le cas de Yannick, qui avait effectué son VIE (volontariat international en entreprise) à Vitoria, dans l’Espirito Santo, et qui est aujourd’hui expatrié à São Paulo. Pour d’autres, le Brésil est une découverte (où une de plus quand on est un "routard" de l’expatriation). Les expatriés partagent en général un point commun, la curiosité : celle de connaître un autre pays que le sien, de vivre d’une façon différente par rapport à la France : "Mon mari et moi nous expatrions dans le but de pénétrer une culture" raconte Béatrice, installée à São Paulo depuis 2 ans. Il y a aussi les étudiants, de plus en plus nombreux à venir étudier au Brésil, afin d’apprendre le portugais et de connaître la 6ème puissance mondiale.

sábado, 22 de junho de 2013

Manifestations au Brésil : l'étincelle "Passe Livre" Après deux semaines de manifestations, les représentants de Passe Livre fêtent ce jeudi leur première grande victoire : la mairie de Sao Paulo vient de renoncer à l’augmentation de 20 centimes des billets de bus et métro qui avait mis le feu aux poudres. Passe Livre souhaite surfer sur le succès inattendu et massif de la mobilisation. Le mouvement vise maintenant la totale gratuité des transports en communs. Qui sont ses représentants ? Quelles sont leurs ambitions ? Reportage. Dilma Roussef tente de calmer les Brésiliens 22.06.2013 - Durée : 1:37 par Nicolas Dudouet Un problème de lecture vidéo ? Cliquez-ici. Une nuit de guerilla urbaine dans les rues du Brésil 21.06.2013 - Durée : 1'46 Par Nicolas Dudouet Un problème de lecture vidéo ? Cliquez-ici. Rencontre avec "passe livre" 20.06.2013 Par Octave Bonnaud, Sao Paulo "La gauche a toujours une énorme difficulté à obtenir des victoires objectives qui impactent directement la vie de la population. Mais quand les gens luttent ensemble et descendent dans les rues, cela montre qu’il est possible d’inverser cette tendance." Daniel Guimarães, du mouvement Passe Livre ne cache pas son enthousiasme sur le site de l’hebdo Carta Capital. Quelques heures après le recul de Fernando Haddad et Gerard Ackmin, respectivement maire de Sao Paulo et gouverneur d’Etat, Passe Livre, que l’on pourrait traduire par 'Laissez-Passer', fixe un nouveau mot d’ordre à ses 1 600 000 contacts sur Facebook : la lutte pour la gratuité des transports collectifs. Et il appelle à un nouveau rassemblement dès ce jeudi 20 juin. Comme pour les précédents rassemblements, aucune demande d’autorisation de manifestation ne sera demandée aux autorités. Ces dernières apprendront comme tout le monde le lieu du prochain rendez-vous en consultant les événements Facebook de Passe Livre : "On ne veut pas que la police nous empêche de manifester, on ne communique donc aucune information sur le chemin prévu pour le défilé. Mais pendant le rassemblement, un militant du mouvement reste en contact permanent avec les autorités," nous explique Erica de Oliveira, l’une des porte-parole de ce mouvement né en 2005, en marge du forum social de Porto-Alegre. Première manifestation à Sao Paulo, le 6 juin 2013 - Page Facebook de "Passe Livre" "On a été surpris par l'ampleur de la mobilisation" Il y a un mois, cette association militante – très bien implantée à Florianopolis où elle a déjà obtenu des baisses de tarifs de transport - ne comptait que quelques dizaines de militants actifs à Sao Paulo. Visiblement assez pour allumer la mèche du plus grand mouvement social brésilien de ces vingt dernières années. "C’est vrai qu’on a été surpris par l’ampleur de la mobilisation qui s’est répandue partout au Brésil. Mais on savait dès le départ qu’on serait nombreux à Sao Paulo. La majorité des citoyens se déplace en transports publics et personne ne veut payer plus pour une qualité de transport collectif aussi défaillante," s’insurge Erica. En un an, un usager qui achète deux tickets de métro par jour du lundi au vendredi, dépense l’équivalent de trois mois de salaires minimum. "Une fois que Sao Paulo s’est mobilisé, tout le reste du Brésil a suivi. Actuellement, nous estimons que 37 millions de Brésiliens sont exclus des transports publics car ils ne peuvent pas se payer de tickets de bus ou métro. Nous disons que le transport collectif est un droit fondamental, c’est ce qui permet d’aller à l’hôpital, de travailler ou d’accéder aux loisirs," estime Erica. Le transport représente le troisième poste de dépenses des familles brésiliennes. Une manifestante à Sao Paulo. Photo extraite de la page Facebook du mouvement "Passe Livre". Révolte du vinaigre D’abord assimilés à des "vandales" ou des "anarchos-punks" par une partie de la presse brésilienne, les représentants du mouvement ne sont plus perçus de la même manière après les dérapages de la Police militaire du 13 juin dernier : "les images de la répression de la manifestation (du 13) ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Les gens ont compris que nous n’étions pas des casseurs, mais que c’est la Police militaire qui voulait nous empêcher de manifester. A partir de là, le mouvement a pris une autre ampleur," analyse Erica. La mise en détention d’un journaliste accusé de porter une bouteille de vinaigre afin de se protéger des lacrymogènes donnera le coup d’envoi de la Révolte du Vinaigre, avec des mobilisations dans 40 villes dont 11 capitales d’Etat le lundi 17 juin. Pendant ce temps là, à Sao Paulo, le nombre de manifestants passait de 15 000 à 65 000 ; le mardi 18, ils étaient encore 50 000 autour de revendications qui dépassent largement la question des transports. A l’image du mouvement Passa Livre, qui compte de nombreux militants étudiants ou professeurs, les manifestants sont majoritairement jeunes et issus de la classe moyenne : 77% ont un niveau d’étude supérieur et la majorité ont moins de 25 ans, selon une étude Data-Folha réalisée lors de la manifestation du 17 juin dernier. Porté par les réseaux sociaux, ce mouvement horizontal qui compte des dizaines de collectifs, se mobilise contre l’incurie des services publics, les dépenses somptuaires occasionnées par la Coupe du Monde, mais aussi l’impunité des politiques mis en cause dans des affaires de corruption.

quarta-feira, 5 de junho de 2013

LE TRAVAIL AU BRÉSIL

L'enfer des lois sur le travail, trop de dépenses, pas assez de rentrées…Après avoir fait le tour des points forts du Brésil, voici quelques faiblesses susceptibles de ralentir l'économie du pays. Le Brésil qui patine 1: l’enfer des lois sur le travail 70 ans de lois sur le travail et 18 millions de travailleurs sans contrat d’emploi en bonne et due forme, soit 20% de toute la main d’œuvre du pays. C’est un constat bien amer, qui a terni la célébration 70ème anniversaire de la CLT, la "Consolidation des Lois du Travail", fêté le 1er mai par les différents syndicats du pays. La CLT a été instaurée en pleine dictature par Getúlio Vargas, à la fin des années 1930, et ses 922 articles s’inspirent des lois corporatistes du fascisme mussolinien d’alors. Ces 922 articles sont toujours en vigueur aujourd’hui, paralysant le marché du travail et augmentant singulièrement le coût de production. C’est ainsi que les employeurs doivent obéir à 1.700 règles, normes et directives différentes lorsqu’ils engagent un salarié. Le coût de l’heure de travail est ainsi de 11,65 US$ au Brésil contre 6,48 au Mexique, certes, encore sans comparaison avec le coût horaire des Etats-Unis (35,53 US$) ou de la France (42,12 US$), mais largement plus élevé que dans les autres pays émergents et les voisins latino-américains. Ceci pour une productivité brésilienne qui est à la traîne de ces pays. Autre boulet imposé par la CLT, la cotisation syndicale obligatoire, que chaque patron et chaque employé est tenu de verser mensuellement. Un impôt social parmi d’autres, mais dont la caractéristique c’est qu’il est entièrement reversé aux syndicats. Lesquels ne se privent pas de se multiplier à vitesse grand V pour profiter de cette manne, dont le montant total s’élève à 2,4 milliards de R$ par an (920.000 d’€). C’est ainsi que chaque année 250 nouveaux syndicats voient le jour. Ils sont aujourd’hui 15.000 au total, 2.050 ont été créés depuis 2005. Cela forme une nébuleuse d’entités sans force et sans coordination, que n’arrive plus à contrôler les principales centrales syndicales, et qui alimente une armée de bureaucrates. "La réforme syndicale est encore plus urgente que la réforme des lois du travail", affirment les juristes, mais aussi un nombre non négligeable de leaders syndicaux. Le Brésil qui patine 2 : trop de dépenses, pas assez de rentrées… L’industrie déçoit, le gouvernement continue à gaspiller et l’inflation monte… Au terme de ce premier trimestre 2013, les chiffres ne sont pas conformes aux attentes. Les analystes prévoyaient une augmentation de la production industrielle de 1,3% en mars par rapport à février, elle n’a été que de 0,7%. Un très mauvais indicateur, alors que le secteur des machines avait déjà reculé de 2,7% en 2012 et qu’on attendait une récupération cette année. Seule consolation, une relative croissance des biens de capitaux. Cela laisserait supposer que l’industrie s’équipe pour pouvoir répondre à une augmentation de la demande au second trimestre 2013. En y regardant de plus près, ce n’est pas si sûr: l’essentiel de ces investissements concernent l’achat de véhicules, et plus particulièrement de camions, mais pas de machines. Pendant ce temps, les pouvoirs publics continuent allègrement à dépenser plus qu’ils n’encaissent: 4,6% de dépenses de plus durant les 3 premiers mois de 2013, en comparaison avec la même période de 2012 et un repli de 2,55% des rentrées fiscales. L’Etat, toujours aussi dépensier, donne un mauvais signal, qui contribue à alimenter l’inflation. C’est devenu une préoccupation de premier plan pour la Banque centrale et les autorités depuis qu’elle a crevé le plafond admis de 6,5%. C’était en avril et cela menace de ne pas faiblir durant le reste de l’année, alors que la reprise économique est plus anémique que prévu. Pour faire face à ce scénario, le gouvernement étudie de nouvelles coupes budgétaires, pour un montant variant de 25 à 35 milliards de R$. Le chiffre est bien inférieur à celui des économies qui étaient discutées en 2012, 50 milliards de R$, car le gouvernement ne veut pas entrer sur le terrain des mesures d’austérité pour ne pas compromettre la fragile relance. Il a donc les mains liées par la nécessité de procéder à des investissements importants dans les infrastructures afin de redonner au pays un peu de compétitivité. Les analystes anticipent maintenant que l’objectif fiscal de dégager un surplus de 159 milliards de R$ en fin d’année, nécessaire pour assurer le financement des intérêts de la dette, ne sera pas atteint. C’est sans conséquence à cours terme pour l’équilibre de la balance des payements, le Brésil est aujourd’hui peu endetté, mais ces révisions successives à la baisse et le maintien d’un niveau trop élevé des dépenses de l’Etat contribuent à décrédibiliser la politique économique des autorités et, en conséquence, affaiblissent sa position sur les marchés.

sábado, 25 de maio de 2013

Manif anti-mariage homo sous tension: Ayrault tacle Copé, appelle à la vigilance

Manif anti-mariage homo sous tension: Ayrault tacle Copé, appelle à la vigilance PARIS (AFP) - 25.05.2013 12:49 - Par Annie THOMAS Jean-Marc Ayrault a mis en garde l'UMP et appelé samedi à la vigilance, à la veille de la manifestation à Paris des opposants au mariage homosexuel qui fait craindre des débordements et met la police sur les dents. Frigide Barjot le 24 mai 2013 à Paris afp.com - Fred Dufour Manuel Valls rencontre les policiers, le 21 avril 2013, juste avant la manifestation anti-mariage homosexuel afp.com - Pierre Andrieu Des militants contre le mariage homosexuel manifestent à Paris, devant l'Assemblée nationale, le 23 arvil 2013 afp.com - Kenzo Tribouillard Jean-Marc Ayrault a mis en garde l'UMP et appelé samedi à la vigilance, à la veille de la manifestation à Paris des opposants au mariage homosexuel qui fait craindre des débordements et met la police sur les dents. Le Premier ministre, visant clairement Jean-François Copé, a reproché aux responsables UMP qui appellent à manifester de prendre "une lourde responsabilité en provoquant la crispation et la radicalisation". Appelant les organisateurs à "une très grande vigilance", il leur a demandé de ne prendre "aucun risque". Pour sa part, Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste, a appelé "solennellement" le président de l'UMP à renoncer à manifester avec "La Manif pour tous", l'accusant de "jouer la radicalisation". La préfecture de police, très critiquée après les violences qui ont gâché le 13 mai la fête du PSG, va mobiliser 4.500 policiers et gendarmes pour encadrer les quatre cortèges prévus dans la capitale. Les organisateurs annoncent une mobilisation "massive", avec trains et cars venus de province, et partent sur une participation semblable à celle de leur manifestation du 24 mars, lorsqu'ils avaient mis "plus d'un million de personnes dans la rue". La police s'attend elle à environ 200.000 manifestants et chiffre à quelques centaines les "ultras" qui pourraient vouloir en découdre pour ce "baroud d'honneur". Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait part ces derniers jours de son inquiétude face "aux menaces" que font peser sur la manifestation des "groupes radicaux d'extrême droite", soupçonnés de vouloir "créer l'affrontement et le désordre". Il a réitéré samedi ses craintes et conseillé "à tous ceux qui voulaient se rendre à cette manifestation de réfléchir, d'être prudents". Jean-François Copé est de ceux qui prendront part à la manifestation pour, dit-il, marquer son "opposition à la loi" sur le mariage homo et "plus globalement à la politique familiale du gouvernement". Eviter les débordements, "la responsabilité en incombe au ministre de l'Intérieur", a déclaré samedi le président de l'UMP, tout en "condamnant par avance toutes les formes de provocations, tensions et violences". "Manif de la colère" Le Front national n'a donné aucune consigne mais aura aussi une délégation dans la manifestation, en présence notamment de la députée Marion Maréchal-Le Pen. Le collectif "la Manif pour tous", fer de lance depuis l'automne de la contestation, a prévu trois cortèges, qui vont traverser Paris à partir de 14H00, avec les Invalides comme point de ralliement. Deux défilés partiront de l'ouest (Porte Dauphine et Porte de Saint-Cloud), un de l'est, près de la gare d'Austerlitz. A l'issue de la manifestation, les "Veilleurs", qui prônent une "résistance pacifique", ont d'ores et déjà appelé à une veillée sur l'esplanade des Invalides, tandis que d'autres militants actifs sur les réseaux sociaux appellent à des actions ponctuelles. Dans le même temps, l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes, organise lui aussi une manifestation, à partir de 14H30, de la place du général Catroux, dans le nord-ouest de la capitale, jusqu'à l'Opéra. Le président de Civitas, Alain Escada, qui veut aussi mobiliser l'extrême droite nationaliste, a donné le ton: ce sera "la manif de la colère", pas "la manif en chantant ou en dansant", allusion au style de "La manif pour tous" dont l'égérie, Frigide Barjot, est désormais débordée par sa droite. Elle a d'ailleurs fait état de menaces, de craintes qui l'ont amenée à envisager d'être absente de la manifestation de dimanche. Elle-même redoute que "certains veuillent profiter de l'ambiance de contestation sociale pour faire déraper le mouvement". Parmi les anti-mariage homo, une tendance plus radicale est portée par le "Printemps français", nébuleuse que Manuel Valls a menacé vendredi de dissoudre en raison de ses excès et de sa "phraséologie factieuse". La manifestation de dimanche devrait être le dernier rassemblement de grande ampleur contre le mariage homosexuel, la loi étant promulguée depuis une semaine et la première union gay prévue mercredi prochain à Montpellier. "Cette manifestation vise à contester une loi votée par le Parlement et ratifiée par le Conseil constitutionnel, donc (...) on n'en voit pas bien ni le sens, ni le but", a commenté Manuel Valls. © 2013 AFP