sábado, 9 de fevereiro de 2013

LA GUERRE DU MALI

Mali : après l'attentat-suicide, la France risque-t-elle l'enlisement ? Quatre militaires maliens sont morts mercredi dans l’explosion d’une mine. Ce vendredi, un kamikaze s'est fait exploser à Gao. Des actes qui annoncent une guérilla naissante, tandis que Paris évoque le retrait de ses troupes pour début mars. Analyse de ces événements et de leurs conséquences avec Pascal Le Pautremat, docteur en histoire, expert en questions militaires, crises et conflits contemporains. Gao, le 7 février 2013 - AFP Pascal Le Pautremat.08.02.2013 Propos recueillis par Liliane Charrier Comment expliquez-vous ces attentats ? Incapables de tenir le choc face au dispositif militaire français, les djihadistes n’ont d’autre solution que d’œuvrer sur les arrières de l’adversaire en suscitant l’effroi et en créant un malaise psychologique, par des attaques terroristes, des attentats ciblés, des opérations suicide. C’est la logique même de la guérilla : l’action du faible sur le fort. Tout va se jouer sur l’intensité de cette guérilla et la rigueur du travail des hommes en charge de la sécurisation des villes et routes. Le but est de limiter la probabilité d’actes terroristes, sachant que le risque zéro n’existe pas et qu’il y aura toujours des attentats de ce type. Ces attaques éclair marquent-elles un tournant dans le conflit au Mali ? De fait, nous sommes en train de parachever la première phase de reconquête et de libération du territoire malien. Une première phase marquée par une guerre de type conventionnelle. L’objectif est atteint : chasser l’adversaire des villes, neutraliser les groupes mobiles dans l’espace (semi-)désertique par voie aérienne et les acculer essentiellement dans le nord et le nord-est. Nous sommes maintenant au seuil de la deuxième phase, à la fois de coercition, et peut-être aussi de négociation, pour arriver, entre autres, à la libération des otages dans le nord et le nord-est. Conjointement, il va falloir conforter la sécurisation des villes libérées et des axes routiers, et préserver les rouages logistiques de l’armée française et de la CEDEAO des attaques de guérilla.Quel rôle la France est-elle appelée à jouer dans cette seconde phase ? Depuis les années 1990, la guérilla est un phénomène fréquent dans les conflits contemporains, et même la guerre russo-afghane, dans les années 1980, comportait déjà cette dimension-là. Comme on n’est pas en mesure d’affronter un adversaire largement plus puissant sur le plan militaire classique, on harcèle, on piège, on monte des embuscades… C’est un processus acté dans les processus militaires depuis l’Afghanistan, et que les Français ont anticipé au Mali, où ils sont appelés à rester des acteurs de premier ordre pour le déminage. Depuis quelques jours déjà, la France envoie des équipes NEDEX pour lutter contre les mines, les IED et le piégeage d’itinéraire. A terme, ce sera-là la fonction première de la CEDEAO. La France en guerre au Mali (AFP)Peut-on craindre l'enlisement de la France, comme en Afghanistan ? Non. Tout d’abord parce que les effectifs des rebelles sont sans commune mesure avec ce qui existait au Vietnam ou en Afghanistan. Ensuite parce que le territoire ne présente pas la même configuration : la jungle vietnamienne et les montagnes afghanes n’ont rien à voir avec les vallées ouvertes et le désert d’Afrique. Enfin parce que la donne géopolitique a changé et qu’il existe aujourd’hui une véritable prise de conscience régionale de l’urgence à endiguer le phénomène djihadiste. Tous les pays de la région sont concernés par ce fléau. Un fléau qui se nourrit de pauvreté, de détresse psychologique et de misère sociale. Que cela serve de leçon à l’Occident et aux pays africains qui entretiennent une conservation clanique du pouvoir ! S’il existe des réseaux sectaires inhérents au djihadisme, c‘est que le terreau est favorable à une amertume qui s’extériorise dans une action radicale, dont l’objectif reste illusoire. La guérilla peut-elle retarder le retrait annoncé des forces françaises, début mars ? Je suis très surpris que l’on annonce déjà le retrait des troupes. Je crois qu’il ne faut pas se précipiter pour rassurer une partie des citoyens français qui redoutent le coût de l’opération. Nous avons gagné une première bataille, mais la guerre est loin d’être terminée. Ce sera un travail de longue haleine à mener en partenariat avec nos collègues africains et les Occidentaux qui voudront bien se joindre à nous. A ce propos, beaucoup de pays européens sont jusqu’à présent restés aux abonnés absents. Or une vraie politique commune ne se limite pas aux questions économiques, mais elle implique aussi des enjeux sécuritaires auxquels tous devraient contribuer. Quant à la CEDEAO, elle n’a pas suffisamment de moyens ; c’est aux Occidentaux qu’il revient de former, renforcer et équiper l’armée malienne. En plein brouillard de la guerre, il est très délicat de laisser croire que nous serons tous partis dans un mois.

sábado, 12 de janeiro de 2013

A DECADENCIA DA FRANÇA

08/01/2013 - 03h06 A decadência da França Gérard Depardieu já é cidadão russo. Foi recebido pelo próprio Vladimir Putin, depois de polêmica feia com o governo de François Hollande. Eis a questão: Depardieu está cansado de pagar impostos. Durante a sua longa carreira, já pagou mais de € 145 milhões (cerca de R$ 384 milhões). Chega. Sobretudo quando o governo de Hollande promete taxar com redobrada dureza os mais ricos do país. Comento essa história com alguns amigos progressistas que não se conformam: se o Estado francês deseja aumentar para 75% o Imposto de Renda de quem ganha mais de € 1 milhão (R$ 2,6 milhões), como é possível que Depardieu se recuse a contribuir? Claro que o verbo, na minha opinião, não é "contribuir". É "permitir". No caso, "permitir" ser roubado pelo Estado. Mas o problema, no fundo, é outro: quando Depardieu diz adeus à França e aceita um passaporte de Putin, talvez seja a França, e não Depardieu, que esteja com problemas sérios. Aliás, bastaria perguntar aos meus amigos progressistas quando estiveram eles em Paris pela última vez. O silêncio seria geral. Paris é uma cidade que já não existe no radar deles. Sem falar do óbvio: qual foi o último romancista francês que eles leram em 2012? Qual foi o filme a que assistiram? Que exposição os motivou ou encantou? E, filosoficamente falando, quem é o grande pensador francês da atualidade? Melhor ainda: seriam eles capazes de ler esse pensador na língua original? "É a economia, estúpido!", dizia um conhecido marqueteiro americano nas eleições presidenciais de 1992 entre Clinton e Bush (pai). No caso da França, a economia é apenas o começo do problema. E esse começo é o mesmo dos países do sul da Europa: o euro, uma quase imposição gaulesa para que a União Europeia engolisse a temível reunificação da Alemanha, permitiu à França uma década de endividamento e gastos públicos como se não existisse amanhã. Os resultados, que a revista "The Economist" resumiu recentemente, arrepiam qualquer cristão: o Estado consome 57% do PIB (a maior fatia de toda a zona do euro). A dívida pública saltou dos 22% do PIB (em 1981) para os 90% (em 2012). O desemprego atinge 25% da população jovem. Perante tudo isso, a solução de François Hollande é taxar tudo que se mexe: trabalho, capitais, patrimônio. E depois? Quando não existir mais nada nem ninguém para "contribuir"? Depois, a França chegará a duas conclusões dolorosas. A primeira é que, ao adiar as reformas necessárias para que a sua economia seja minimamente competitiva, Paris capitulou perante a Alemanha: Angela Merkel é hoje a líder informal da Europa, não François Hollande. E, segunda, que há um cheiro de declínio no território preferencial dos franceses: o da cultura. Anos atrás, a revista "Time" provocou polêmica ao cartografar esse declínio com números. Na França, publica-se muito -mas os livros não sobrevivem fora das fronteiras francesas. Na França, filma-se muito -mas os filmes também não sobrevivem fora do país. O mais celebrado artista plástico francês -Robert Combas- é personagem secundário nos circuitos artísticos internacionais (que estão em Londres, Nova York e até Berlim). A cultura pop francesa é uma piada (ou, no limite, uma imitação grotesca dos rappers americanos). Se não fossem moda e gastronomia, que só com muita benevolência podem ser consideradas "alta cultura", o que seria da França, hoje? Formulo essa questão e o leitor, conhecendo a minha costela anglófila, imagina um riso perverso. Imagina mal. Em 2012, o melhor livro que li foi francês ("O Mapa e o Território", de Michel Houellebecq). Em 2012, o melhor filme a que assisti foi uma produção parcialmente francesa ("Amour", de Michael Haneke). E, para ficar na filosofia, o melhor tratado de política que li no ano findo também foi francês (uma história do liberalismo de Pierre Manent). Só que tudo isso são exceções que só confirmam o meu desgosto: eu gostaria de ter mais França, e não menos, nas estantes de minha casa. Isso só não é possível porque o declínio é real. Sem enfrentar esse declínio, os meus amigos progressistas podem encontrar em Gérard Depardieu o bode expiatório. Infelizmente, não será o bode a ressuscitar o rebanho.

sábado, 29 de setembro de 2012

EUROPE EN CRISE

Grèves générales au sud de l'Europe : les syndicats contre l'austérité


Une grève générale se tient ce 26 septembre en Grèce à l'appel des syndicats des secteurs privé et public. Le Pays Basque et une partie de l'Espagne suivent le mouvement alors que le Portugal s'apprête à faire de même. Contre l'austérité imposée aux peuples, le syndicalisme et la lutte sociale sont-ils en train de trouver un nouveau souffle grâce à l'échelon européen ?



Manifestation contre l'austérité à Salonique (nord de la Grèce) le 8 septembre dernier (photo AFP)

25.09.2012Par Pascal HérardC'est la première grève générale nationale que le nouveau gouvernement de coalition grec fraîchement élu en juin doit gérer. Une grève motivée par les mêmes causes qu'avant le scrutin : les coupes budgétaire, la baisse des pensions de retraite couplées aux mesure de réduction des salaires, tant dans le secteur public que privé sont drastiques depuis deux ans. Toutes ces mesures qui ont mené à une réduction des salaires du secteur privé de plus de 20%, à des administrations au bord de la cessation de paiement ont toujours été "vendues" aux électeurs comme nécessaires pour améliorer l'économie : mais cette austérité a eu jusqu'à présent un effet inverse à celui souhaité, puisque le PIB grec selon les prévisions les plus optimistes, va encore reculer cette année de 7%.



Le nouveau plan de réduction des dépenses publiques prochainement voté à l'assemblée et visant à économiser près de 12 milliard d'euros doit permettre à la Grèce de recevoir la nouvelle tranche du plan d'aide européen de 31,5 milliard d'euros. Ces réductions de dépenses vont toucher principalement les collectivités locales. Ecoles et hôpitaux risquent de payer le prix fort des demandes de Bruxelles…



AU DELÀ DE LA GRÈCE…



Sur la péninsule ibérique, tandis que les Indignés marchaient le mardi 25 septembre sur le Congrès des députés à Madrid, les deux plus importantes organisations syndicales du Pays basque sud, ELA et LAB ont déclaré une grève générale, elles aussi ce 26 septembre. Elles sont rejointes par d'autres organisations comme la CGT-LKN, la CNT, ainsi que de nombreuses associations et organisations sociales. Des appels ont été lancés aux grandes organisations syndicales espagnoles qui semblent monter un peu plus au créneau face à la politique du gouvernement Rajoy : une grève des trains de 24 heures, pour dénoncer la politique de libéralisation du rail s'est déroulée le 17 septembre dernier, et les coupes dans les dépenses sociales, de santé, d’éducation, dans les services publics de base, poussées par des privatisations de plus en plus mal vécues, peuvent laisser penser que ce types d'actions risquent de s'amplifier.



Le Portugal sera en grève générale ce 29 septembre après la manifestation géante contre l'austérité du 15 septembre qui a réuni un million de personnes dans les rues des plus grandes villes, dont 500 000 dans la capitale. Un nouveau vent de révolte syndicale de grande ampleur est-il en train de prendre forme dans les pays du sud de l'Europe frappés par les mesures d'austérité imposées par l'UE, la BCE et le FMI ?



UN MOUVEMENT EUROPÉEN SYNDICAL CONTRE L'AUSTÉRITÉ ?



Si la contestation sociale enfle au sein de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, de plus en plus portée par des actions syndicales fortes, la question d'une coordination, voire une unification de ces mouvements au sein de l'Union se pose immanquablement. La Confédération européenne des syndicats (CES), dans le cas du Portugal, a pris récemment position (vis à vis de la politique d'austérité de Bruxelles) par le biais de sa secrétaire générale, Madame Bernadette Ségol, qui déclarait le 4 septembre 2012 : « La situation au Portugal montre clairement toutes les limites et l’inefficacité de l’austérité et des coupes budgétaires à répétition. Nous demandons à la Troïka d’en tirer les leçons, et de changer radicalement d’approche ».



La CES, qui, au delà de se battre "pour une Union européenne ayant une dimension sociale forte et un cadre macroéconomique équilibré qui tienne pleinement compte des besoins et des aspirations de ses citoyens" est aussi un acteur syndical européen "qui participe à l'élaboration des politiques économiques et sociales au plus haut niveau". Cette organisation prend donc part au sommet social tripartite, entretient des rapports étroits avec un intergroupe de députés, coordonne la participation des syndicats au sein du Comité économique et social européen (CESE), rencontre aussi la BCE : sa capacité d'action lui permet-elle pour autant d'influencer les décisions de la Troïka ?



Au vu des deux années passées et de l'application de la politique de réduction des déficits un peu partout en Europe, on peut douter de la capacité de la Confédération syndicale à faire changer l'orientation prise dans l'Union, malgré ses appels et préconisations : « Pour sortir durablement de la crise, il faut définitivement abandonner les mesures d’austérité qui ont appauvri des millions de citoyens en Europe et étouffé toute possibilité de reprise. Les délais de paiement imposés au Portugal sont socialement inacceptables. Il est temps de céder véritablement la place à des mesures favorisant une croissance durable, des emplois de qualité et des salaires décents, telles que celles proposées dans le Contrat social pour l’Europe de la CES .



Mais les temps changent, et la crise s'accentuant, la radicalisation syndicale s'étend, se renforce et pourrait devenir un facteur de changement vis-à-vis des politiques d'austérité.



Joseph Niemiec, secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats européens

LES SYNDICATS PEUVENT-ILS FAIRE RECULER LA TROÏKA ?



Le secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats européens, le Polonais Joseph Niemiec, pense qu'une coordination syndicale européenne forte, à même d'organiser des grèves générales, est possible : "nous avons déjà réussi à faire des manifestations d'opinion d'ampleur européenne, à plusieurs reprises. Nous pensons que ce qu'il se passe pour le Sud (la politique d'austérité, NDLR) n'est pas seulement mauvais pour le Sud, mais aussi pour le Nord. Nous n'avons pas encore réussi à organiser des grèves générales coordonnées entre plusieurs pays, mais nous allons mener une campagne européenne à partir d'octobre et cela pourrait devenir une réalité".



La problématique actuelle, pour les syndicats des différents pays de l'union monétaire, est d'ordre législatif et social, selon le responsable de la CES : "passer à une action de grève européenne sur toute la zone euro, nous n'en somme pas là : il y a des règles différentes entre chaque pays, certains ont des secteurs qui ne sont pas touchés, parce qu'il n'y a pas d'enjeu dans leur pays. C'est une des raisons. L'autre raison est de nature sociale, parce que pour adhérer à une grève il faut convaincre le travailleur. En Finlande ou en Allemagne, c'est très difficile."



Mais pourquoi ne pas mener des grèves générales coordonnées seulement dans certains pays, comme ceux du Sud ? "Nous n'excluons plus aucune piste, parce que la situation devient extrêmement grave. Il est possible que nous puissions organiser des grèves générales dans certaines régions européennes", affirme le secrétaire général adjoint de la CES.



La "règle d'or" sera bientôt ratifiée avec le traité de stabilité budgétaire, et pour l'avenir, Joseph Niemiec estime que si les syndicats des pays du Nord, les plus riches, ne sont pas prêts à s'engager dans une action de revendication sociale forte, il n'est est pas de même pour les pays d'Europe centrale : "Il y a eu la Bulgarie l'hiver dernier, puis au printemps, la Pologne, qui d'ailleurs remet ça avec une grande manifestation prévue en octobre. En République tchèque il y a eu aussi des tensions. Nous allons avoir de plus en plus de problèmes dans ces pays là, et de plus en plus d'implication des syndicats

CRISE EN EUROPE

Grèves générales au sud de l'Europe : les syndicats contre l'austérité




Une grève générale se tient ce 26 septembre en Grèce à l'appel des syndicats des secteurs privé et public. Le Pays Basque et une partie de l'Espagne suivent le mouvement alors que le Portugal s'apprête à faire de même. Contre l'austérité imposée aux peuples, le syndicalisme et la lutte sociale sont-ils en train de trouver un nouveau souffle grâce à l'échelon européen ?

Manifestation contre l'austérité à Salonique (nord de la Grèce) le 8 septembre dernier (photo AFP)25.09.2012

Par Pascal Hérard

C'est la première grève générale nationale que le nouveau gouvernement de coalition grec fraîchement élu en juin doit gérer. Une grève motivée par les mêmes causes qu'avant le scrutin : les coupes budgétaire, la baisse des pensions de retraite couplées aux mesure de réduction des salaires, tant dans le secteur public que privé sont drastiques depuis deux ans. Toutes ces mesures qui ont mené à une réduction des salaires du secteur privé de plus de 20%, à des administrations au bord de la cessation de paiement ont toujours été "vendues" aux électeurs comme nécessaires pour améliorer l'économie : mais cette austérité a eu jusqu'à présent un effet inverse à celui souhaité, puisque le PIB grec selon les prévisions les plus optimistes, va encore reculer cette année de 7%.



Le nouveau plan de réduction des dépenses publiques prochainement voté à l'assemblée et visant à économiser près de 12 milliard d'euros doit permettre à la Grèce de recevoir la nouvelle tranche du plan d'aide européen de 31,5 milliard d'euros. Ces réductions de dépenses vont toucher principalement les collectivités locales. Ecoles et hôpitaux risquent de payer le prix fort des demandes de Bruxelles…



Au delà de la Grèce…



Sur la péninsule ibérique, tandis que les Indignés marchaient le mardi 25 septembre sur le Congrès des députés à Madrid, les deux plus importantes organisations syndicales du Pays basque sud, ELA et LAB ont déclaré une grève générale, elles aussi ce 26 septembre. Elles sont rejointes par d'autres organisations comme la CGT-LKN, la CNT, ainsi que de nombreuses associations et organisations sociales. Des appels ont été lancés aux grandes organisations syndicales espagnoles qui semblent monter un peu plus au créneau face à la politique du gouvernement Rajoy : une grève des trains de 24 heures, pour dénoncer la politique de libéralisation du rail s'est déroulée le 17 septembre dernier, et les coupes dans les dépenses sociales, de santé, d’éducation, dans les services publics de base, poussées par des privatisations de plus en plus mal vécues, peuvent laisser penser que ce types d'actions risquent de s'amplifier.



Le Portugal sera en grève générale ce 29 septembre après la manifestation géante contre l'austérité du 15 septembre qui a réuni un million de personnes dans les rues des plus grandes villes, dont 500 000 dans la capitale. Un nouveau vent de révolte syndicale de grande ampleur est-il en train de prendre forme dans les pays du sud de l'Europe frappés par les mesures d'austérité imposées par l'UE, la BCE et le FMI ?

Un mouvement européen syndical contre l'austérité ?



Si la contestation sociale enfle au sein de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, de plus en plus portée par des actions syndicales fortes, la question d'une coordination, voire une unification de ces mouvements au sein de l'Union se pose immanquablement. La Confédération européenne des syndicats (CES), dans le cas du Portugal, a pris récemment position (vis à vis de la politique d'austérité de Bruxelles) par le biais de sa secrétaire générale, Madame Bernadette Ségol, qui déclarait le 4 septembre 2012 : « La situation au Portugal montre clairement toutes les limites et l’inefficacité de l’austérité et des coupes budgétaires à répétition. Nous demandons à la Troïka d’en tirer les leçons, et de changer radicalement d’approche ».



La CES, qui, au delà de se battre "pour une Union européenne ayant une dimension sociale forte et un cadre macroéconomique équilibré qui tienne pleinement compte des besoins et des aspirations de ses citoyens" est aussi un acteur syndical européen "qui participe à l'élaboration des politiques économiques et sociales au plus haut niveau". Cette organisation prend donc part au sommet social tripartite, entretient des rapports étroits avec un intergroupe de députés, coordonne la participation des syndicats au sein du Comité économique et social européen (CESE), rencontre aussi la BCE : sa capacité d'action lui permet-elle pour autant d'influencer les décisions de la Troïka ?



Au vu des deux années passées et de l'application de la politique de réduction des déficits un peu partout en Europe, on peut douter de la capacité de la Confédération syndicale à faire changer l'orientation prise dans l'Union, malgré ses appels et préconisations : « Pour sortir durablement de la crise, il faut définitivement abandonner les mesures d’austérité qui ont appauvri des millions de citoyens en Europe et étouffé toute possibilité de reprise. Les délais de paiement imposés au Portugal sont socialement inacceptables. Il est temps de céder véritablement la place à des mesures favorisant une croissance durable, des emplois de qualité et des salaires décents, telles que celles proposées dans le Contrat social pour l’Europe de la CES .



Mais les temps changent, et la crise s'accentuant, la radicalisation syndicale s'étend, se renforce et pourrait devenir un facteur de changement vis-à-vis des politiques d'austérité.



Joseph Niemiec, secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats européensLes syndicats peuvent-ils faire reculer la Troïka ?





Le secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats européens, le Polonais Joseph Niemiec, pense qu'une coordination syndicale européenne forte, à même d'organiser des grèves générales, est possible : "nous avons déjà réussi à faire des manifestations d'opinion d'ampleur européenne, à plusieurs reprises. Nous pensons que ce qu'il se passe pour le Sud (la politique d'austérité, NDLR) n'est pas seulement mauvais pour le Sud, mais aussi pour le Nord. Nous n'avons pas encore réussi à organiser des grèves générales coordonnées entre plusieurs pays, mais nous allons mener une campagne européenne à partir d'octobre et cela pourrait devenir une réalité".



La problématique actuelle, pour les syndicats des différents pays de l'union monétaire, est d'ordre législatif et social, selon le responsable de la CES : "passer à une action de grève européenne sur toute la zone euro, nous n'en somme pas là : il y a des règles différentes entre chaque pays, certains ont des secteurs qui ne sont pas touchés, parce qu'il n'y a pas d'enjeu dans leur pays. C'est une des raisons. L'autre raison est de nature sociale, parce que pour adhérer à une grève il faut convaincre le travailleur. En Finlande ou en Allemagne, c'est très difficile."



Mais pourquoi ne pas mener des grèves générales coordonnées seulement dans certains pays, comme ceux du Sud ? "Nous n'excluons plus aucune piste, parce que la situation devient extrêmement grave. Il est possible que nous puissions organiser des grèves générales dans certaines régions européennes", affirme le secrétaire général adjoint de la CES.



La "règle d'or" sera bientôt ratifiée avec le traité de stabilité budgétaire, et pour l'avenir, Joseph Niemiec estime que si les syndicats des pays du Nord, les plus riches, ne sont pas prêts à s'engager dans une action de revendication sociale forte, il n'est est pas de même pour les pays d'Europe centrale : "Il y a eu la Bulgarie l'hiver dernier, puis au printemps, la Pologne, qui d'ailleurs remet ça avec une grande manifestation prévue en octobre. En République tchèque il y a eu aussi des tensions. Nous allons avoir de plus en plus de problèmes dans ces pays là, et de plus en plus d'implication des syndicats dans l'opposition drastique aux gouvernements.



On sent un certain espoir poindre chez le responsable syndical qui conclut ainsi sur le sujet : "En terme de mobilisation, je confirme qu'il y a une montée en puissance des syndicats, et pas qu'au Sud : même la sage Pologne est touchée et réagit. Ces préoccupations sont désormais partagées par le plus grand nombre."

CRISE EN EUROPE

Grèves générales au sud de l'Europe : les syndicats contre l'austérité




Une grève générale se tient ce 26 septembre en Grèce à l'appel des syndicats des secteurs privé et public. Le Pays Basque et une partie de l'Espagne suivent le mouvement alors que le Portugal s'apprête à faire de même. Contre l'austérité imposée aux peuples, le syndicalisme et la lutte sociale sont-ils en train de trouver un nouveau souffle grâce à l'échelon européen ?

Manifestation contre l'austérité à Salonique (nord de la Grèce) le 8 septembre dernier (photo AFP)25.09.2012

Par Pascal Hérard

C'est la première grève générale nationale que le nouveau gouvernement de coalition grec fraîchement élu en juin doit gérer. Une grève motivée par les mêmes causes qu'avant le scrutin : les coupes budgétaire, la baisse des pensions de retraite couplées aux mesure de réduction des salaires, tant dans le secteur public que privé sont drastiques depuis deux ans. Toutes ces mesures qui ont mené à une réduction des salaires du secteur privé de plus de 20%, à des administrations au bord de la cessation de paiement ont toujours été "vendues" aux électeurs comme nécessaires pour améliorer l'économie : mais cette austérité a eu jusqu'à présent un effet inverse à celui souhaité, puisque le PIB grec selon les prévisions les plus optimistes, va encore reculer cette année de 7%.



Le nouveau plan de réduction des dépenses publiques prochainement voté à l'assemblée et visant à économiser près de 12 milliard d'euros doit permettre à la Grèce de recevoir la nouvelle tranche du plan d'aide européen de 31,5 milliard d'euros. Ces réductions de dépenses vont toucher principalement les collectivités locales. Ecoles et hôpitaux risquent de payer le prix fort des demandes de Bruxelles…



Au delà de la Grèce…



Sur la péninsule ibérique, tandis que les Indignés marchaient le mardi 25 septembre sur le Congrès des députés à Madrid, les deux plus importantes organisations syndicales du Pays basque sud, ELA et LAB ont déclaré une grève générale, elles aussi ce 26 septembre. Elles sont rejointes par d'autres organisations comme la CGT-LKN, la CNT, ainsi que de nombreuses associations et organisations sociales. Des appels ont été lancés aux grandes organisations syndicales espagnoles qui semblent monter un peu plus au créneau face à la politique du gouvernement Rajoy : une grève des trains de 24 heures, pour dénoncer la politique de libéralisation du rail s'est déroulée le 17 septembre dernier, et les coupes dans les dépenses sociales, de santé, d’éducation, dans les services publics de base, poussées par des privatisations de plus en plus mal vécues, peuvent laisser penser que ce types d'actions risquent de s'amplifier.



Le Portugal sera en grève générale ce 29 septembre après la manifestation géante contre l'austérité du 15 septembre qui a réuni un million de personnes dans les rues des plus grandes villes, dont 500 000 dans la capitale. Un nouveau vent de révolte syndicale de grande ampleur est-il en train de prendre forme dans les pays du sud de l'Europe frappés par les mesures d'austérité imposées par l'UE, la BCE et le FMI ?

Un mouvement européen syndical contre l'austérité ?



Si la contestation sociale enfle au sein de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, de plus en plus portée par des actions syndicales fortes, la question d'une coordination, voire une unification de ces mouvements au sein de l'Union se pose immanquablement. La Confédération européenne des syndicats (CES), dans le cas du Portugal, a pris récemment position (vis à vis de la politique d'austérité de Bruxelles) par le biais de sa secrétaire générale, Madame Bernadette Ségol, qui déclarait le 4 septembre 2012 : « La situation au Portugal montre clairement toutes les limites et l’inefficacité de l’austérité et des coupes budgétaires à répétition. Nous demandons à la Troïka d’en tirer les leçons, et de changer radicalement d’approche ».



La CES, qui, au delà de se battre "pour une Union européenne ayant une dimension sociale forte et un cadre macroéconomique équilibré qui tienne pleinement compte des besoins et des aspirations de ses citoyens" est aussi un acteur syndical européen "qui participe à l'élaboration des politiques économiques et sociales au plus haut niveau". Cette organisation prend donc part au sommet social tripartite, entretient des rapports étroits avec un intergroupe de députés, coordonne la participation des syndicats au sein du Comité économique et social européen (CESE), rencontre aussi la BCE : sa capacité d'action lui permet-elle pour autant d'influencer les décisions de la Troïka ?



Au vu des deux années passées et de l'application de la politique de réduction des déficits un peu partout en Europe, on peut douter de la capacité de la Confédération syndicale à faire changer l'orientation prise dans l'Union, malgré ses appels et préconisations : « Pour sortir durablement de la crise, il faut définitivement abandonner les mesures d’austérité qui ont appauvri des millions de citoyens en Europe et étouffé toute possibilité de reprise. Les délais de paiement imposés au Portugal sont socialement inacceptables. Il est temps de céder véritablement la place à des mesures favorisant une croissance durable, des emplois de qualité et des salaires décents, telles que celles proposées dans le Contrat social pour l’Europe de la CES .



Mais les temps changent, et la crise s'accentuant, la radicalisation syndicale s'étend, se renforce et pourrait devenir un facteur de changement vis-à-vis des politiques d'austérité.



Joseph Niemiec, secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats européensLes syndicats peuvent-ils faire reculer la Troïka ?





Le secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats européens, le Polonais Joseph Niemiec, pense qu'une coordination syndicale européenne forte, à même d'organiser des grèves générales, est possible : "nous avons déjà réussi à faire des manifestations d'opinion d'ampleur européenne, à plusieurs reprises. Nous pensons que ce qu'il se passe pour le Sud (la politique d'austérité, NDLR) n'est pas seulement mauvais pour le Sud, mais aussi pour le Nord. Nous n'avons pas encore réussi à organiser des grèves générales coordonnées entre plusieurs pays, mais nous allons mener une campagne européenne à partir d'octobre et cela pourrait devenir une réalité".



La problématique actuelle, pour les syndicats des différents pays de l'union monétaire, est d'ordre législatif et social, selon le responsable de la CES : "passer à une action de grève européenne sur toute la zone euro, nous n'en somme pas là : il y a des règles différentes entre chaque pays, certains ont des secteurs qui ne sont pas touchés, parce qu'il n'y a pas d'enjeu dans leur pays. C'est une des raisons. L'autre raison est de nature sociale, parce que pour adhérer à une grève il faut convaincre le travailleur. En Finlande ou en Allemagne, c'est très difficile."



Mais pourquoi ne pas mener des grèves générales coordonnées seulement dans certains pays, comme ceux du Sud ? "Nous n'excluons plus aucune piste, parce que la situation devient extrêmement grave. Il est possible que nous puissions organiser des grèves générales dans certaines régions européennes", affirme le secrétaire général adjoint de la CES.



La "règle d'or" sera bientôt ratifiée avec le traité de stabilité budgétaire, et pour l'avenir, Joseph Niemiec estime que si les syndicats des pays du Nord, les plus riches, ne sont pas prêts à s'engager dans une action de revendication sociale forte, il n'est est pas de même pour les pays d'Europe centrale : "Il y a eu la Bulgarie l'hiver dernier, puis au printemps, la Pologne, qui d'ailleurs remet ça avec une grande manifestation prévue en octobre. En République tchèque il y a eu aussi des tensions. Nous allons avoir de plus en plus de problèmes dans ces pays là, et de plus en plus d'implication des syndicats dans l'opposition drastique aux gouvernements.



On sent un certain espoir poindre chez le responsable syndical qui conclut ainsi sur le sujet : "En terme de mobilisation, je confirme qu'il y a une montée en puissance des syndicats, et pas qu'au Sud : même la sage Pologne est touchée et réagit. Ces préoccupations sont désormais partagées par le plus grand nombre."

sábado, 15 de setembro de 2012

Manifestations anti-américaines


Washington a commencé à déployer des forces afin de faire face aux manifestations anti-américaines ayant fait plusieurs morts vendredi parmi les protestataires mobilisés contre la diffusion d'un film islamophobe réalisé aix Etats-Unis

Cent Marines ont déjà été envoyés en Libye, où l'ambassadeur américain Chris Stevens est mort mardi avec trois autres fonctionnaires, et au Yémen, où quatre manifestants ont été tués jeudi après que des protestataires sont entrés de force dans l'ambassade.

"Nous devons être prêts dans l'hypothèse où ces manifestations deviennent hors de contrôle", a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, sans plus de précision.

Selon la revue Foreign Policy qui l'interrogeait, le Pentagone est en train de débattre de l'envoi de 50 Marines pour protéger l'ambassade américaine au Soudan, où une dizaine de manifestants sont parvenus à pénétrer vendredi. Aucune décision n'a toutefois été prise sur cet envoi.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi dans le monde musulman pour dénoncer le film et deux manifestants sont morts en Tunisie, deux au Soudan et un au Liban.

Ce film, dont des extraits ont été publiés sur YouTube et dans lequel les musulmans et le prophète Mahomet sont présentés comme immoraux et brutaux, a enflammé la rue mardi en Egypte et en Libye, avant que les protestations, visant notamment les ambassades américaines, ne s'étendent à d'autres pays.

Les islamistes somaliens shebab et les talibans pakistanais ont appelé samedi les musulmans à attaquer l'Occident en représailles au film.

Les talibans afghans, qui ont attaqué vendredi soir une base où est stationné le prince Harry, ont affirmé que l'attaque lancée par son mouvement était "en représailles contre le film insultant". Deux marines américains ont été tués.

Au Caire, les affrontements se sont poursuivis toute la nuit entre policiers et manifestants jusqu'à l'évacuation au petit matin de la place Tahrir, proche de l'ambassade des Etats-Unis, où un calme précaire régnait samedi matin.

La police anti-émeutes a pourchassé dans les rues adjacentes les manifestants, en majorité de très jeunes Egyptiens aux affiliations politiques indéterminées, a rapporté l'agence officielle Mena.

Mena avait fait état d'un mort vendredi soir, mais le ministère de la Santé a démenti que la victime soit liée aux manifestations. Plusieurs dizaines de personnes --policiers et manifestants-- ont été blessées dans les heurts ces derniers jours.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir procédé à 142 arrestations.

Le président égyptien Mohamed Morsi a condamné le film vendredi tout en dénonçant les violences qu'il a provoquées. Les Frères musulmans avaient retiré leur appel à manifester.

Les Etats-Unis "tiendront bon" face aux violences dirigées contre leurs ambassades et leurs ressortissants, a averti le président américain Barack Obama.

Sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton a souligné que les pays du Printemps arabe ne s'étaient pas affranchis de la "tyrannie d'un dictateur" pour se retrouver sous celle "des foules", en allusion aux manifestations violentes qui se sont multipliées, dans le monde arabe mais aussi en Iran, au Pakistan, au Bangladesh, en Indonésie, et même en Australie.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, jugeant "injustifiables" vendredi ces violences, a rappelé l'obligation des pays hôtes de protéger les missions diplomatiques.

L'Union européenne a également demandé vendredi soir aux autorités des pays frappés par ces violences d'assurer la "sécurité" des diplomates et à appeler "immédiatement à la paix et à la retenue".

Les réactions déclenchées par le film, de piètre qualité, qui aurait été produit par un copte (chrétien d'Egypte) habitant en Californie et tourné par un réalisateur de films porno, rappellent la colère qu'avait provoqué la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006 par un journal danois

quarta-feira, 22 de junho de 2011

LA FRANCE EN GUERRE

Libye: première division des Alliés de l'Otan sur la poursuite des frappes


TRIPOLI (AFP) - 22.06.2011 14:46

L'Italie a ouvert la voie à une sérieuse division au sein de l'Otan en demandant mercredi un cessez-le feu en Libye, une éventualité aussitôt rejetée par Paris et le chef de l'Alliance.





Des rebelles libyens marchent sur une affiche représentant Kadhafi à Benghazi, le 22 juin 2011

L'Italie a ouvert la voie à une sérieuse division au sein de l'Otan en demandant mercredi un cessez-le feu en Libye, une éventualité aussitôt rejetée par Paris et le chef de l'Alliance.



AFP - Patrick Baz



Le président du conseil italien Silvio Berlusconi et le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini au Parlement le 22 juin 2011 à Rome

Après une série de bavures qui a entaché la campagne "Protecteur unifié", le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a estimé que "la suspension des actions armées est fondamentale pour permettre une aide immédiate" dans le pays en proie à un conflit depuis plus de quatre mois.



AFP - Alberto Pizzoli

Des bâtiments détruits par des frappes de l'Otan, selon les affirmations du gouvernement libyen, le 19 juin 2011 à Tripoli

Mais l'Alliance a insisté sur le fait qu'un raid aérien mené lundi à Sorman, à l'ouest de Tripoli et qui a fait selon les autorités libyennes 15 morts, dont trois enfants, avait frappé une "cible militaire légitime".



AFP/Archives - Mahmud TurkiaL'Italie a ouvert la voie à une sérieuse division au sein de l'Otan en demandant mercredi un cessez-le feu en Libye, une éventualité aussitôt rejetée par Paris et le chef de l'Alliance.



Après une série de bavures qui a entaché la campagne "Protecteur unifié", le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a estimé que "la suspension des actions armées est fondamentale pour permettre une aide immédiate" dans le pays en proie à un conflit depuis plus de quatre mois.



Une proposition aussitôt rejetée par la France, estimant qu'une pause, même à des fins humanitaires, risquerait de permettre au leader contesté Mouammar Kadhafi "de gagner du temps et de se réorganiser".



A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'est voulu clair: l'Otan va "continuer" ses opérations pour éviter que "d'innombrables civils supplémentaires perdent la vie".



Pays abritant le quartier général de l'opération et des bases aériennes d'où décollent les bombardiers alliés, l'Italie a jeté un pavé dans la mare en dénonçant les raids contre les civils et l'enlisement du conflit.



Un arrêt immédiat des hostilités "permettrait d'éviter ce que le CNT (Conseil national de transition, instance dirigeante de la rébellion) craint, à savoir une consolidation de la partition en deux de la Libye", a dit M. Frattini, à la veille d'un Conseil européen à Bruxelles.



Se référant aux opérations de l'Otan, M. Frattini a également réclamé "des informations détaillées" et préconisé des "consignes claires et précises", après les erreurs "dramatiques" qui ont conduit à toucher des civils.



"Ce n'est clairement pas la mission de l'Otan", a-t-il ajouté.



De son côté, le secrétaire général sortant de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a soutenu le lancement des frappes aériennes en Libye, a fait part de ses "scrupules" après les pertes civiles.



"Quand je vois des enfants se faire tuer, mon devoir est d'avoir des scrupules. C'est pourquoi j'ai mis en garde contre le risque de pertes civiles", a déclaré M. Moussa.



L'Alliance atlantique a reconnu avoir tué par erreur neuf civils lors d'une frappe nocturne à Tripoli dimanche. Le 16 juin, l'Otan avait également frappé accidentellement une colonne de véhicules rebelles dans la région de Brega.



Mais l'Alliance a insisté sur le fait qu'un raid aérien mené lundi à Sorman, à l'ouest de Tripoli et qui a fait selon les autorités libyennes 15 morts, dont trois enfants, avait frappé une "cible militaire légitime".



Ce raid a visé une résidence de Khouildi Hmidi, un vieux compagnon de route du colonel Kadhafi.



Malgré les critiques, l'Otan semble entrer dans une nouvelle étape dans ses opérations en Libye, en visant notamment les points de contrôle érigés sur les routes menant à Tripoli et les véhicules militaires légers équipées de canons anti-aériens ou de lance-roquettes.



Elle s'est défendu d'avoir visé mardi deux check-point aux alentours de Khoms, à 120 km à l'est de Tripoli, comme indiqué par la télévision libyenne qui a qualifié les cibles visées de "civils". Un responsable de l'Otan a assuré que les objectifs visés étaient tous "clairement militaires".



Dans son rapport quotidien, l'Otan a indiqué avoir visé mardi des véhicules militaires aux environs de Nalout et Zenten, dans la région montagneuse d'Al-Jabal Al-Gharbi, au sud-ouest de Tripoli, théâtre depuis plusieurs semaines de violents affrontements entre rebelles et forces loyalistes.



L'Alliance a précisé avoir aussi visé d'autres cibles aux environs de Zlitan à 40 km à l'ouest de la ville rebelle de Misrata, où elle a essuyé mardi sa première perte en Libye, un hélicoptère drone américain.



Misrata a encore fait l'objet mercredi de tirs de "roquettes" des "pro-Kadhafi", faisant un nombre de blessés parmi les femmes et les enfants", selon un communiqué de la rébellion, qui a également fait état de l'exode de milliers de familles originaire de la région de cette enclave.



Au niveau diplomatique, la rébellion a enregistré un nouveau succès mercredi après que la Chine a reconnu le CNT comme "interlocuteur important", mettant fin à sa politique de non ingérence dans ce conflit, trois semaines après ses premiers contacts avec la rébellion.



Le CNT a été reconnu comme "représentant légitime" du peuple libyen par une quinzaine de pays.



D'autre part, l'Organisation de la conférence islamique a annoncé avoir dépêché une mission en Libye pour préparer une médiation en vue d'un règlement de la crise dans ce pays.



La mission, dirigée par le chef du département politique de l'OCI, Mahdi Fathallah, doit rencontrer des responsables du régime et de la rébellion.



Depuis le 15 février, le conflit a fait entre "10.000 et 15.000" morts et obligé près de 952.000 personnes à prendre la fuite, selon des organisations internationales.

© 2011 AFP